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Les 12 engagements européens du MoDem

Lors de la Convention thématique européenne du dimanche 29 mars, François Bayrou a présenté les 12 engagements européens du Mouvement Démocrate.

1 - L’union de l’Europe, maintenant, plus de doutes possibles. Nous proposons une réponse coordonnée de l’Union européenne à la crise, avec un grand emprunt européen de 3 pour cent du PIB, destiné, en particulier, à aider les PME à préparer l’avenir. Nous proposons que les grandes politiques de lutte contre la crise, par exemple, le plan automobile, fassent l’objet d’une démarche concertée et coopérative des Etats de l’Union, en tous cas de la zone euro.

2 - L’Europe, ce n’est pas seulement une économie, c’est un projet de société, des valeurs humanistes. Nous proposons que l’exigence sociale, démocratique et écologique soit placée au même niveau que la concurrence.

3 - En Europe, la compétition doit être rendue équitable. Nous demandons l’équité : les produits qui entrent en Europe doivent être soumis aux mêmes règles que ceux que nous fabriquons chez nous et l’Europe doit les aider à y parvenir.

4 - L’Europe, affaire de citoyens. Nous proposons que les délibérations des gouvernements, au sein du conseil, soient publiques, télévisées, ou diffusées sur internet. Nous proposons que toute préparation de décision de l’Union soit annoncée aux citoyens, sauf urgence, trois mois avant d’être prises, par voie de presse, de manière qu’ils puissent donner leur avis et saisir leurs députés européens.

5 - L’Europe ne peut pas organiser la concurrence sauvage des Etats européens entre eux. Nous proposons que soit mis en place une harmonisation fiscale qui permette une coopération et non pas des politiques de dumping qui visent à voler les entreprises des uns pour les installer chez les autres.

6 - Le savoir et la connaissance priorités de l’Europe.Nous proposons un doublement progressif du budget européen pour la recherche et, en liaison avec les Etats membres de l’Union, une aide efficace au dépôt de brevets.

 7 - Pour que l’Europe agisse dans des domaines aussi importants que la recherche, il lui faut des moyens réels. Nous proposons un budget européen dont le volume serait décidé par le parlement européen et alimenté par un impôt unique sur l’ensemble des pays de l’Union, par exemple un prélèvement sur les transactions bancaires et boursières.

8 - L’Europe, zone de sécurité. Nous proposons un procureur européen avec autorité sur les polices et les autorités de poursuite de chacun de nos pays.

9 - La responsabilité de l’Europe en matière de politique agricole est plus importante que jamais. Nous défendrons une politique européenne d’agriculture de qualité qui visera à la fois la sécurité alimentaire de l’Europe, l’exigence environnementale, et le maintien d’un vrai tissu d’exploitations agricoles de taille humaine.

10 - Aucun des progrès nécessaires de l’Europe ne pourra se faire sans volonté politique. Nous défendrons l’idée d’une avant-garde européenne, qui sera capable de faire bouger les choses. Pour nous, c’est la zone euro, les seize pays qui ont une monnaie unique en partage qui doivent former cette avant-garde. Libre aux autres pays de les rejoindre pour renforcer l’ensemble.

11 - Il faut convaincre les Européens que l’Europe n’écrase pas leur identité, au contraire qu’elle la garantit. Nous défendrons l’Europe qui garantit les identités, les modes de vie, les langues et les cultures sur son sol et dans le monde.

12 - L’immigration est la partie visible du plus grand drame de l’humanité : le sous-développement et la pauvreté. Pour nous, il faut mettre un terme aux politiques de pillage et de corruption du tiers-monde que nous appelons le monde abandonné. Il faut protéger leurs marchés, leur permettre de produire ce qu’ils mangent et de fabriquer ce qu’ils consomment, et cesser de piller leurs matières premières. Pour cela, la lutte contre les paradis fiscaux qui abritent l’argent de la corruption est un impératif. Nous proposons qu’on ne reconnaisse plus en Europe, les contrats signés avec les paradis fiscaux.

 
Sylvie Goulard tête de liste pour les élections européennes dans l'ouest

Sylvie Goulard, présidente du Mouvement Européen, Professeur à Sciences Po Paris, chercheur associé au CERI.

 

 
François Bayrou: "Le monde respire mieux après la victoire de Barack Obama"

François Bayrou a estimé mercredi que le monde respire mieux, après la victoire de Barack Obama à l'élection présidentielle américaine. "Après le désastre des années Bush, l'élection de Barack Obama fait que le monde respire mieux. Nous savons que le nouveau président n'aura pas une baguette magique, qu'il ne résoudra pas tous les problèmes en un jour et que dans l'ombre, de puissants intérêts ne se laisseront pas oublier. Mais au moins pouvons-nous espérer qu'une nouvelle vision, plus ouverte, plus généreuse, plus sociale, inspire la politique américaine. Nous pouvons espérer qu'Europe et Etats-Unis, avec les autres grandes régions du monde, inventent ensemble un partenariat pour la planète. Ensemble, ils peuvent répondre à la grande question : la démocratie peut-elle gouverner le monde, au lieu de la force militaire ou de la force de l'argent ? Cette élection représente également un message personnel à des centaines de millions d'hommes et de femmes, de garçons et de filles, à la peau noire, qui ont vécu l'expérience de la discrimination. Pour eux, ce n'est pas seulement une grande nouvelle politique, c'est une grande nouvelle humaine, un grand espoir pour leur vie."

 
Conférence nationale du MoDem

envoyé par mouvementdemocrate
François Bayrou a renvoyé dos à dos socialisme et capitalisme dont il a dénoncé la crise et l'échec, dimanche lors de la première Conférence nationale, consacrée à la crise financière. "Je ne crois pas plus à la refondation du capitalisme que je ne crois à la refondation du socialisme." Comparant l'actuelle crise financière, d'ampleur séculaire, à celle qui en 1989 a emporté le socialisme soviétique, François Bayrou a conclu à la crise et l'échec de l'idée fondamentale qui animait chacun des deux systèmes. "On se contente de nous annoncer, à grand son de trompe, qu'on va refonder le capitalisme" a-t-il ironisé.

"Croire qu'on peut dicter à des mécanismes en oeuvre depuis le début des temps, de se plier à la volonté politique publicitaire, il n'y a pas beaucoup de chances que ça marche!"
Il s'est amusé des déclarations du président vénézuélien Hugo Chavez, qui a estimé vendredi que le "camarade" Sarkozy était en train de se rapprocher du socialisme. "Ca doit faire bien rigoler du côté du Fouquet's!, a-t-il lancé, cette tentative de redorer le blason du capitalisme comme modèle de société, est à peu près le contraire exact de ce que nous pensons. Nous, ce que nous mettons en premier, ce n'est pas l'argent, c'est l'être humain."
A ce titre, il a réaffirmé son opposition à une généralisation du travail dominical. Pour lui, il est fondamental qu'il y ait un jour de la semaine pour la plupart des Français, où l'on puisse montrer aux enfants qu'il y a autre chose dans le vie que consommer, qu'acheter. "Il faut un jour pour le verbe être, et pas pour le verbe avoir."
Il s'est également élevé contre le projet de privatisation de La Poste, et contre le projet de réforme des lycées qui, selon lui, fait sortir le lycée de la culture de la durée, pour le faire entrer dans la culture du zapping. Un projet "humaniste" sera au coeur de la campagne des européennes, a-t-il dit lors de cette Conférence.

 
Interview de Corinne Lepage

Corinne Lepage, vice-présidente du Mouvement Démocrate, était interviewée le 16 octobre par Edouard Maret pour Ouest-France. Elle aborde en particulier le lien entre le développement durable et l'éthique universelle pour la paix et la sécurité, le coût des matières premières, l'impact de la crise financière, ... 

Quel lien faites-vous entre développement durable et éthique universelle pour la paix et la sécurité ?

Les risques climatiques et la pénurie de ressources jointes à la crise alimentaire et à la croissance des inégalités, tout cela, appartenant au développement durable - qui n'est pas que de l'environnement, contrairement à ce que l'on croit généralement - fait qu'il y a une véritable menace pour la paix dans le monde.
Car les États ont tendance à se recroqueviller pour assurer le minimum de la sécurité alimentaire et énergétique. Avec l'idée de développement durable, il s'agit de trouver, au-delà des différences, ce qui rapproche tous les hommes et les femmes.

Quand on parle de partage entre les États, sommes-nous prêts à accepter de donner aux autres, à ceux qui, dans vingt ans, seront 50 % de plus ?

Non. La grande difficulté est que les Occidentaux sont nombreux à ne pas se rendre compte qu'il ne s'agit pas seulement  d'une question d'éthique et de générosité. C'est une question d'intérêts. Les réfugiés climatiques pourraient être 250 millions dans les vingt ou trente ans à venir : le fait de leur permettre de pouvoir vivre dans leur lieu de naissance n'est pas sans intérêt... Y compris pour eux-mêmes !

Le coût des matières premières ainsi que les conditions climatiques sont-ils, selon vous, à l'origine de tensions qui ne pourraient que croître à l'avenir ?

C'est pour cela qu'il faut avoir présent à l'esprit que les sujets de développement durable sont aussi des sujets de gouvernance, à la fois nationale et internationale. La pression sur les ressources et les risques de pénurie peuvent laisser supposer que, si les systèmes démocratiques ne sont pas efficients, il faudra des systèmes autoritaires. Donc, il y aura menace pour les libertés publiques. S'ajoutent des menaces de guerre pour garder un accès à l'eau ou à d'autres ressources énergétiques essentielles.

Après la secousse financière et le glissement de la plaque sur laquelle ils se sont enfoncés, les USA auront-ils le même poids, à l'avenir, dans un contexte de mondialisation ?

Non, je crois que nous sommes entrés dans un monde multipolaire. La crise financière actuelle a bien des points communs avec la crise écologique. Par exemple, ses causes qui tiennent à un manque de responsabilité et à un rapport au temps qui est totalement faux. Nous sommes devenus une société de l'immédiateté. C'est ce qui a largement entraîné la crise financière d'aujourd'hui et c'est ce qui est à l'origine de la crise climatique et écologique que nous vivons. Par ailleurs, l'hypercapitalisme financier, qui a dominé les trente dernières années, est à l'origine d'un non-développement d'une économie durable.

Quelles premières leçons tirez-vous de la crise qui secoue la planète économique ?

Nous pourrions utiliser cette crise pour imaginer une troisième révolution industrielle afin de trouver des réponses à la fois aux enjeux sociaux et environnementaux. Mais je ne suis pas certaine que nous pourrons y arriver avec l'organisation du monde actuel.

Vous êtes donc pessimiste ?

Non, dubitative.


Propos recueillis par Édouard MARET (Ouest-France)

 
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